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Archives municipales de St-Jean-du-Gard

GG38 (6)

Archives municipales de St-Jean-du-Gard
GG38. [Ponctuation, majuscules et accentuation rajoutées]

8e mars 1706
Interrogatoire d'Anne
Rouelle vefve d'Antoine
Teissonière de la
paroisse de Cros
Interrgre d'Anne Rouelle
L'an mil sept cens six et du lundy huitiesme
jour du mois de mars dans la salle du château
de St Jean de Gardonnenque par devant nous
marc Antoine Lefebvre docteur et advocat
dudit St Jean, comre subdélégué de Monseignr
de Basville intendant de la province du
Languedoc, heure de deux après midy
Anne Roelle nouvelle convertie, veuve d'Antoine
Teissonnières du lieu de la Rouvière parroisse de
cros diocèse d'Allais, agée comme a dit de 55 ans
ou environ, dettenue prisonnière dans les prisons
dudit St Jean, après avoir presté serement
la main mise sur les saints Evangilles a promis et
juré dire véritté, a esté interrogée et a
respondeu comme suit,
Interrogée du subjet pourquoy elle est en
prison et despuis quel temps
A respondu que lundy dernier premier de ce
mois un déttashement de la garnison de
Collognac vint à sa maison de la Rouvière pour
l'arrester prisonnière et l'auroit conduitte aux
prisons de Lasalle et jeudy dernier en celles
dud; St Jean ne scachant pour quel subjet
Interrogée s'il n'est véritable que ledit jour
de lundy dernier premier de ce mois Pierre Ba...
dit Lacroix et François Grand dit Mandagout
soldats de la compagnie du sr d'Assas app.
de fusilliers de la province, accompagnés
d'Annibal gashe tailleur d'habits du Vigan
allant dudit Vigan à St Jean ne se seroient
arrestés aud. lieu de la Rouvière pour boire,
et s'estant adressés à la respondante, il ne
luy auroint demandé son nom et si d'abord
elle ne leur auroit répondeu quelles gens
estes vous, et s'ils estoint cretiens à quy elle
se peut fier et si elle ne les auroit creu
camisards de proffession parce qu'ils estoient
abilliés en bourgeois et si sur cella lesd. deux
soldats s'estant servis du mot de serve Dieu
luy auroint respondeu qu'ils estoient camisards
et qu'elle pouvoit se fier d'eux, sur quoy lad.
Rouelle leur ayant demandé que ce qu'ils
serchoit, lesd. soldats lui auroint respondeu
qu'ils soiteroint de voir Fidel et Claris
et sy pour lors lad. Rouelle ne respondit
que pour Fidel elle ne leur en pouvoit pas
donner de nouvelles, mais bien de Claris lequel
elle offroit de leur faire voir dans un
moment et sy alors elle n'appella une
fille nommée Margte à laquelle elle dit
voicy de ces gens il faudroit leur faire
parler aux autres, et sy sur cella lesd.
soldats ne dirent à la respondante où est
ce qu'ils ce pouroint mettre à couvert pour
estre en seuretté des troupes du Roy afin
qu'aucun déttashement de la guarnison de
Collognac ne les surprit, à quoy la respondante
auroit respondeu qu'elle les mettroit en
seuretté et qu'il falloit se tirer du grand chemin
A respondeu et desnié led. interrog.re en la
forme qu'il est coushé, bien est vray que
led. jour de lundy dernier environ les deux
heures après midy elle seroit partie dud.
lieu de la Rouvière pour aller à la métherie
du Merle quy en est fort près et auroit
rencontré lesd. trois hommes lesquels luy
demandèrent le chemin de Collognac et le
leur ayant monstré lesd. trois hommes luy
demandèrent encore de leur donner de
nouvelles de Fidel et Claris, à quoy elle
leur auroit respondeu qu'elle n'en scavoit
pas, sur quoy ils continuèrent chacun leur
chemin, et nie le surplus dud. interrogatoire.
Interrogée s'il n'est véritable que lorsqu'elle
eut promis auxd. trois hommes de leur faire
voir Claris et qu'il les mettroit en seureté
de l'insulte de la garnison de Collognac,
un de ces trois hommes n'auroit dit qu'il
alloit mettre son camarade en fassion sur
une auteur pour descouvrir qu'aucun
détachement ne les surprit et sy d'abord
lesd. deux soldats accompagnés dud. Gache
tailleur estant partis et recogneu parce
qu'ils n'étoint de camisards elle n'avoit
fait évader led. Claris et autres rebelles
qu'elle avoit cashés dans sa maison et
peu de temps après lesd. deux hommes
estant revenus avec un déttashement de la
garnison de Collognac aud. lieu de la Rouvière
où estant arrivés à la maison de la répondante
le Sr de la Piquetterie commandant led.
détachement ne lui auroit demandé si elle
ne cognossoit lesd. deux soldats de la
compagnie de d'Assas et que ce qu'elle leur
avoit dit et si elle n'auroit respondeu qu'elle
les cognoissoit
A respondeu et desnié led. interrogatoire en la
forme qu'il est coushé mais estre véritable
que peu de temps après que lesd. trois hommes
l'eurent quittée deux d'iceux seroint revenus
aud. lieu de la Rouvière avec un déttashement
de la garnison de Collognac lesquels auroit
foullié la maison de la répondante et
ensuitte celle de ses voisins sans qu'il leur
ait dit ce qu'ils sershoient
Interrogée s'il n'est véritable que despuis
les mois de septembre et octobre de l'année
1704 que les rebelles attroupés se soumirent
à l'obéissance du Roy elle n'a receu et reffugié
ches elle tant de nuit que de jour ceux quy
restent encore et entre autres Claris, Fidel
et autres ausquels elle fournissoit les
vivres et autres shozes nécess.res au préjudice
des ordres du Roy et par exprès led. jour
de lundy premier du courant aud. Claris et
autres rebelles qu'elle avoit receux dans sa
maison
A respondeu et desnié led. interrogatoire.
Exortée de dire la véritté
A respondu l'avoir ditte recollée y a persévéré
et a dit ne scavoir signer


8e mars 1706
Interrogatoire de
Margueritte Sanson de
la parroisse de Cros
Interrogatoire de Margtte Sanson
L'an mil sept cens six, et du lundy huitième jour
du mois de mars dans la salle basse du château
de St Jean de Gardonnenque, par devant nous
Marc Antoine Lefebvre docteur et advocat
dudit St Jean, commre subdélégué de Monseignr
de Basville intendant de Languedoc
Margueritte Sanson nouvelle convertie
fille de Jean Sanson de la metterie du
Merle parroisse de Cros diocèze d'Alais
détenue prisonnière dans les prisons
dudit St Jean, âgée de vingt-deux ans ou
environ, après avoir presté serement la main
mise sur les Sts Evangilles, a promis et juré
dire vérité, a été interrogée et a répondu
comme s'ensuit
Interrogée du sujet pourquoy elle est
en prison, et depuis quel temps ;
A réponduqu'elle fut arrestée vendredy
dernier une heure avant le jour par un
détachement de la garnison dudit St Jean
commandé par Mr de Valobscure qui l'auroit
trouvée couchée dans son lict à ladite
metterie du Merle, et conduite dans les
prisons dudit St Jean ne sachant
pourquoy ;
Interrogée s'il n'est véritable que
depuis les mois de septembre et octobre
de l'année 1704 que les rebelles atroupés
se soumirent à l'obéissance du Roy, elle et
son père n'ont receu et réfugié [eux] tant de
jour que de nuit ceux qui restent encore, et
par exprès Claris, Fidel et autres auxquels
ils ont fourny les vivres et autres choses
nécessaires, au préjudice des ordres du Roy
A répondu et desnié ledit interrogatoire
Interrogée s'il n'est véritable que lundy dernier
de ce mois, deux soldats de la compagnie de
Mr d'Assas habillés en bourgeois accompagnés
d'Annibal Gache tailleur d'habits du Vigan
s'en allant dudit Vigan à St Jean passa
à lad. metterie de la Rouvière qui est
tout près celle du Merle feignant d'être
camizards parce qu'ils estoient habillés
en bourgeois, lesdits soldats s'estant informés
avec Anne Rouelle veuve d'Antoine
Teissonière dudit lieu de la Rouvière
de leur donner des nouvelles de Fidel et de
Claris, ladite Rouelle après leur avoir
répondu qu'elle fairoit voir Claris, auroit
appellé la respondante à laquelle elle auroit
dit voicy de ses gens, il faudroit leur faire
parler aux autres
A répondu et desnié ledit interrogatoire
pour n'avoir pas veu lesdits trois hommes
parce qu'elle estoit allée ledit jour à St Hipolite
pour vendre des poumes et quelques
fromages, d'où elle revint le soir, et arrivée
chez elle à l'entrée de la nuict, ou estant
sa mère lui auroit dit que ladite Rouelle
l'avoit appellée ledit jour ne sachant ce
qu'elle vouloit, et qu'elle luy auroit
répondu qu'elle estoit allée à St Hipolite
et qu'on avoit arrestée prisonnière
la dite Rouelle ne scachant pourquoy
Interrogée à qui elle vendit ses poumes
et fromages à St Hipolite
A répondu qu'elle auroit vendu
lesdites poumes et fromages à un
mangonnier qui demeure devant la fontaine
du plan de Croye de St Hipolite du
nom duquel elle n'est pas mémorative
Exhortée de dire la vérité
A répondu l'avoir dite, recollée y a
persévéré, et a dit ne scavoir signer

Interrogatoire de Antoine Barrafort
L'an 1706, et du lundy huitième mars dans
la salle basse du château de St Jean de
Gardonnenque, par devant nous Marc Antoine
Lefebvre docteur et advocat dudit St Jean
commre subdélégué de Monseignr
de Basville intendant de Languedoc,
Antoine Barrafort nouveau converty du lieu
de la Rouvière, parroisse de Cros diocèse
d'Alais, âgé comme a dit de soixante ans
ou environ dettenu dans les prisons dudit
St Jean après avoir presté serement la
main mise sur les Sts Evangilles a promis
et juré dire la vérité, interrogé et a
répondu comme suit
Interrogé du sujet pourquoy il est en
prison et depuis quel temps
A répondu qu'il fust arresté vendredi dernier
une heure avant le jour par un
déttachement de la garnison dudit St Jean
commandé par Mr de Valobscure
qui l'auroit trouvé couché dans son lict
audit lieu de la Rouvière et conduit
dans les prisons dudit St Jean ne scachant
pourquoy
Interrogé s'il n'est véritable que depuis
les mois de septembre et octobre
de l'année 1704 que les rebelles atroupés
se soumirent à l'obéissance du Roy
s'il n'a receu et réfugié chez lui tant
de nuit que de jour ceux qui restent encore
et par exprès Claris, Fidel et
autres ausquels il a fourny de vivres
et autres coses nécessaires, au préjudice
des ordres du Roy
A répondu et desnié ladite interrogatoire
Interrogé s'il n'est véritable que lundy
dernier environ les deux heures après
midy deux soldats de la compagnie de
Mr d'Assas et Annibal Gache tailleur
d'habits du Vigan passant audit lieu de
la Rouvière s'en allant à St Jean
demandèrent au répondant de leur donner à
boire et sy le répondant ne l'auroit
fait après leur avoir demandé quelles
gens ils estoient, qu'ils luy eurent
repondu qu'ils estoient camizars, et de
leur donner de nouvelles de leurs frères
et s'il ne les creut d'abord camizards
parce qu'ils estoient habillés en bourgeois
et sy ledit jour Claris et autres rebelles
ne furent à sa maison se réfugier, et
conférer ensemble
A répondu et desnié ledit interrogatoire
en la forme qu'il est couché, bien est vray
que ledit jour de lundy dernier environ
ladite heure un desdits rtrois hommes
qu'il recogneut estre un soldat des troupes
du Roy vint à dadite maison pour
luy demander à boire, ce qu'il fist, tant
à luy qu'à deux autres hommes qui estoient
dehors sa maison lesquels après avoir
en partant continuant leur chemin
dirent qu'ils estoient des camizards, ce
qu'il ne creut pas, mais bien des
soldats, et nie le surplus de
l'interrogatoire
Exhorté de dire la vérité
A répondu l'avoir dite récollé
y a persévéré et a dit ne savoir signer