Camisards.net
 
Version Française
English version
Deutsch version
Holland version

Champdomergue

Champdomergue est un de ces lieux cévenols chargés d'histoire qu'il faut mériter ! D'abord, il faut trouver où se situe cet endroit complètement à l'écart de toute grande route ou itinéraire touristique. Même la carte IGN au 1/25000e l'ignore totalement ! Heureusement, pour la première fois les Itinéraires protestants des Presses du Languedoc (tome 1 Cévennes page 221), et le petit plan que nous joignons à cet article permettront au visiteur de nos "lieux de mémoire" de s'y rendre facilement. On peut aussi s'adresser à la mairie de St-Privat-de-Vallongue qui a fléché un très bel itinéraire de randonnée pédestre permettant de s'y rendre. C'est pour nous la plus belle façon de découvrir ce lieu, lointaine récompense d'un cheminement qui emprunte une partie du parcours du VFD, l'ancienne voie de chemin de fer de Ste-Cécile d'Andorge à Florac, hélas désaffectée depuis 1968. A Champdomergue se tint le 12 septembre 1701 une assemblée prophétique tenue par Françoise Brès dite Bichon, et Catherine Martin de Pénens (hameau proche de Champdomergue). Bichon devait être exécutée au Pont-de-Montvert (voir dans Textes et documents la relation de Jean Rampon), et Catherine Martin devait finir ses jours à la prison de Carcassonne.

L'année suivante, le 9 septembre 1702, eut lieu en cet endroit la première véritable bataille de ce qui devenait "la guerre des camisards" (voir dans Textes et documents le manuscrit TT 240 des Archives Nationales). Bien que peu nombreux et mal armés, les insurgés firent bonne figure, blessant même quelques-uns de leurs adversaires. Jean Cavalier s'y fit remarquer pour la première fois par ses qualités de bravoure et de sang froid. A quelque distance au nord, on trouve un endroit nommé " Le plan des Tombes ". Des squelettes y auraient été dégagés, qui seraient, d'après la tradition orale, ceux des combattants tués au combat de Champdomergue. En 1875, se tint une nouvelle assemblée, à l'appel du pasteur de St-Frézal-de-Ventalon Henri de Sabatier-Plantier, assemblée fort critiquée par le préfet de l'époque (on est en plein ordre moral, avec une majorité de droite monarchique et catholique).

Champdomergue et la vieille grange qui y est encore visible ont encore accueilli pendant la seconde guerre mondiale une compagnie d'un maquis FTP (Francs-tireurs et Partisans). Des camisards aux maquisards, suivant le titre du livre de Muse et Raymond Tristan-Sévère paru en 1944, la filiation pour beaucoup de cévenols était toute naturelle.