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LETTRES ET MEMOIRE DE JEAN RAMPON

(BPU de Genève , Papiers Court, volume 17 K f° 74 à 98)

Ce texte fait partie d'un ensemble de textes inédits (partiellement ou totalement) des Papiers Court de la BPU de Genève, qui seront publiés mis en bon français, annotés et commentés. Ces textes concernent les fugitifs, les prédicants, les galériens, les camisards, des Cévennes et du Bas-Languedoc, du Vivarais et du Dauphiné.(parution prévue aux Presses du Languedoc à la fin de l'année 2001). Inutile d’insister sur l’intérêt de ce texte, l’un des deux récits (avec celui de Mazel) de participants au meurtre de l’abbé du Chaila.

 

Orthographe, ponctuation, accentuation d'origine respectées. En italique ce qui n'est pas dans le texte.

Lettre de Rampon à Antoine Court

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Monsieur
Comme j'ai eu le sort detre comme vous savés sur les galleres c'est la cauze que je n'ay pas peu avoir toute la memoire que j'avés et que je vous aurés peu inserer comme de la mort du Sr La Rouvière Laporte et Mr Henric et quelques autres. Mais je vous diray que si vous souhaités vous n'avés qu'à escrire à Monsr. Olivier Ministre à Canastast que luy etoit avec eux de ce tems la puis que je suis été à leur compagnie je le say et vous pouvés envoyer la lettre icy au Sr Massi quy vous sallue bien et par cette voye ne coutera rien parce qu'il escrit à son beau-frere et se sert de loccazion de la foire prochaine de Zurtal. Ainsi je crois bien que vous le pourrés savoir par cette voye ou aussy à Monsr le Ministre Calendrin à Geneve car je croy quil et tout entre ses mains du moins il avoit tous les galeriens et prisonniers ceux quy étoient condamnés aux prisons perpétuelles, d'autant que cetoit par sa voye quil recevoit quelque petite bénéficience et il est immanquable qu'il n'aye le tout on n'a bezoin que chercher depuis 1690 ou 92 car les Histoires de devant led tems sont toutes imprimées et jen ay veu un livre icy à Berne contenant 3 tomes quy fait voir depuis Henric 4 jusques aux persécutions et Edits de Louis 14 quy va jusques environ ce tams-là en 90 et ainsi du depuis on peut trouver ainsy les manuscrits en forme. Ici jai recueilly de Jacques Martin comme vous verres qui suit les mien et puis le Sr Rodat, lesquels tous vous asseurent de leurs affections et comme eux ne savent ny lire ny escrire leur manque beaucoup de suittes, enfin ie lay fait du mieux quil ma été possible, souhaitant ardemment pouvoir quelque choze a vous faire plaisir cest ce que ie ferois de bon coeur et vous aiant toute ma vie dans une profonde estime et parfaite considération. Comme etant et à votre aimable famille que Dieu vous conserve par sa grace, etant à tous Monsieur vostre tres humble et tres obeissant serviteur

Rampon

N'oublie pas le Sr Bonbonnoux que jassure de mes respects comme les amis dici en font de meme, comme de meme ceux de ma société.

Le Sr Courteserre et son épouze aussi vous salluent

Relation de Rampon

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Monsieur

Comme vous souhaités savoir l'histoire assez triste de l'affaire des Camizards, qui au commancemt furent nommés hauzards et fanatiques, ie vous diray que ce quy porta ses premiers à azarder le coup sur l'abbé du Chaila, ce fut par rapport à 3 noires actions quil fit de ses dernieres car pour toutes les autres le volume seroit bien gros si on le mettoit tout en ecrit dont la première de ces trois fut que pour faire avouer deux jeunes enfans d'une femme vefve âgés l'un d'environ 7 ans et l'autre cinq lui memes fit lexercice de bourreau en leur voulant faire dire que leur mère avoit retiré le Ministre, quy nommoit ainsi quoi quil netoient simplement que pour faire quelque petite exortation, et il avoit fait une petite assemblée au lieu de Lhermet de St Jullian, ces pauvres enfans souffrirent constamment la question que ledit abé exerca sur eux dont au plus ainé il luy tira les parties honteuses (mot rajouté au-dessus), de sorte qu'il en mourut et à l'aube il le mit nud et puis le foueta avec un fouet de verges de saule jaune jusques qu'il le mit tout senglant, mais ils souffrirent tout sen rien declarer, à suitte, il fit le procès à une fille dudit lieu du pont de montvert et fut pendue audit lieu étant accuzée d'avoir dit que la communion papistique étoit un poison venimeux comme le bazilic elle estoit âgée d'environ 26 ans et la relation de sa mort doit etre à Geneve dans les escrits de feu Mr Pierre Pons, laquelle declara sur le gibet d'une manière prophetique que celuy quy l'exposoit à ce suplice lui meme y viendroit finir sa vie dans 24 jours ce quy fut 24 sepmaines et la cause arriva à point nommé. De sorte que l'année 1702 le 22e juillet à la faveur de la foire de Barre Pierre Sequier dit Esprit et Rampon son associé firent une assemblée et quy fut fort nombreuse sur la montagne du Bougès et ledit jour ledit abé quy venoit de Barre coucha a la cure de St Jullian, moitié chemin de sa retraite et etant à table à sentretenir sur notre comte, il declara hautement le dessein qu'il avoit projetté, quy estoit des qu'il seroit arrivé audit pont de montvert de faire partir lordre au bourreau de Mende pour faire executer le nommé Massi lequel est à Lauzane s'il n'est pas mort, accuzé destre guide des autres prisonniers au sep ou il y avoit Jean Planque de Tonnas et son cozin de la parre de St Germain de Calberte et les demoizelles Sexti + (en note sur page d'en face de la main de Court: +Les demlles Sexti sont de Moissac proche le chateau dud Moissac) de Ste Croix, enfin au nombre de 8 et le 23 (surchargé le 2eme chiffre est peu lisible) au matin lors qu'on eut donné la benediction à lassemblée et les ordres pour leur retraite, dont il n'y eut pas un de prix de cette fois, puis nous vint à la pensée de faire arreter 1 ou 2 de chaque quartier dudit païs et ayant consulté l'entreprise, nous dimes à checun s'il n'y auroit pas moyen d'avoir quelques armes d'unes ou d'autres; ils nous dirent qu'ouy. Lors nous leur dirent que nous estions contens de leur bon zele et qu'il en vint 48 et nous 2 faisoit 50. on se rassembla le soir a layde du bois au sommet le plus haut de la montagne du Bouges (en note de Rampon en bas de page : cet endroit s'appelle en terme du païs Alte fage), tellemt que le conte fut accompli environ les 5 heures et demy du soir, et apres s'estre bien unis et promis chacun de ne pas se quiter et fait la prière tous ensemble, nous fimes notre marche vers ledit lieu à 2 de rang, et lors que nous fumes a la veüe dudit lieu sur les 9 heures du soir nous (barré remplacé par il) fut ordonné quil falloit avertir par le chant des Stes Louanges, sur quoy on chanta la premiere partie du pseaume 51 quy finit à l'entrée dudit lieu et la chose alla tres bien puis on nomma 8 hommes pour lavantgarde fusil en joue criant que personne ne sorte sur paine de mort et ainsy on avanca

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le chemin et comme ledit abé ou ses gens eurent entend le bruit et mesmes qu'on avoit deja laché un coup de fusil à la porte du Sr Dubos ou il y avoit 2 capucins logés, il envoya son secondaire pour voir ce que cetoit, croyant que cetoit de prisonniers qu'on menoit de nos gens, on luy répond qu'ouy, si pourtant lors qu'il voulut tourner la face disant qu'il alloit avertir ledit abé pour faire ouvrir les prisons il eut le sort de recevoir un coup d'halebarde quy le perça jour à jour aux reins et resta la, puis on avancea chemin sans bruit 10 ou 12 pas et voila l'homme de chambre dud abé quy vint pour voir et eut le meme sort mais encore celuy la entra tout blessé à mort qu'il etoit dans le logis du Sr Guin quy y mourut bien tot apres, ainsy on passa le dernier pont y ayant 2 arcades asses grandes sans etre arretés y ayant aparence que ledit abé attendoit toujours réponce des 2 cydevant car autrement il auroit renforcé la garde au bout du pont quy abordoit la maison, n'y ayant qu'un sentinelle dehors et un autre dedans avec les prisonniers, ainsy en abordant le quy vive on luy dit de metre armes bas et nous les remetre, autremt ils etoient morts il pria de luy donner la vie ce quy luy fut accordé aussi bien qu'à l'autre que les prisonniers demanderent grace pour luy puis à la faveur des coups de fusil qu'on tiroit par les fenetres nous forçames la porte pour entrer dedans malgré leur feu et nous delivrames nos prisonniers du sep et la frayeur ayant saisy ledit abé avec les soldats quy estoient avec lui ils monterent à la grande sale (du) 2e étage et dela fesoient toujours feu sans vouloir se rendre à vie ce quy contraignit à metre le feu à la sale basse quy servoit de chapelle y ayant plus despace qu'à la petite chapelle de devant la maison, ce quy fut le seul remede le plus promt pour les avoir et les faire sortir, et ledit abé voulant decendre par la fenetre ainsy que des soldats luy fut reconnu par sa longueur et aussy on mesuroit sy la corde des draps de lict alloit en bas ce quy fit qu'on luy lacha un coup de fusil de la ruelle du pont à la cuisse+ (en note en bas: +un des prisonniers même quon avoit delivré et armé et posé sur le pont). Lors quil se pendoit pour decendre ce quy fut bien etonnant qu'ayant receu un semblable coup, qu'il eut encore la force de marcher et quil croyoit aller au logis dudit Guin ou estoit son homme de chambre mais quand il fut au bout dudit pont sur la meme place ou il avoit fait dressé le gibet il rencontra un de nos gens quy luy commanda de s'arreter et ne passer plus avant et de prier Dieu, mais luy persistant à dire de le laisser passer et qu'il ne feroit jamais plus de mal à nos gens on luy repond que non quil n'en feroit plus et quil en avoit que trop fait et ainsi au au meme instant il lacheva et puis encore plusieurs autres coups de bayonnete crainte qu'il ne fut mort parce quil avoit renom de magicien ce quy ne le mit pas à couvert. Il y eut encore le rentier de la maison tué par sa faute pour n'avoir repondu et nous eumes un blessé à la joue + ( en note: Jean Chatal de Racoules), mais il fut bien tot guery et cela luy arriva pour passer le commandt pour avoir abordé aux degrés de la sale. A suitte, n'ayant pas mangé de long tems nous ns fimes aporter à manger et à boire sur la rue crainte de surprise et ainsy la pointe du jour venue nous marchames vers Frutgières ou estoit leglise cathedralle y ayant un curé seulement et son valet et les autres maisons tous braves gens et nous ne fimes aucun mal à celuy qu'on avoit depeché avec un cheval du Pont de montvert pour l'aller avertir, et quand nous fumes arrivés à la cure ou estoit ce mauvais curé quy ne voulut jamais se rendre que par le feu et que tant qu'il vit les armes ne firent point de feu, sy pourtant on le tua et on luy truva une letre écrite pour avertir l'abé afaire prendre une 20e ou 23 prisonniers de la commune et ce fut le 2(illisible).. au matin et puis nous continuames notre route vers le priore de St Maurice, mais le prieur n'y

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(était) pas et bien qu'il ne fut pas bien loin caché nous ne luy fimes pas grand recherche, nous ns contentames de diner la à ses dépens et de nous aller reposer dans un lieu secret ou de la nous pouvions voir les troupes par les montagnes au nombre de 500 hommes quon avoit comandés mais bien que nous fussions en petit nombre ils noserent aprocher des bois et se tinrent toujours au large, et apres avoir reposé cette journée nous reprimes notre marche avant jour et tirames vers la cote du Bougès, et nous allames nous reposer aux environs de la commune de St André de Lancize y ayant 2 mauvais curés lesquels furent surpris le 27 au matin ou l'un d'eux se précipita du haut du cloche en bas (il y était monté pour sonner la cloche un des camisards l'ayant poursuivi le poussa avec son halebarde -note entre deux lignes). La on brula l'église et on ne trouva pas leur concubine qu'on auroit aussi tuée; à suitte on recula en arriere vers les bois de Bouges et on se reposa la tout le reste du jour et de la nuit jusques au matin 29 dudit qu'on crut de truver plusieurs pretres ramassés au chateau de la Devèze le plus fort pour sa scituation des Sevenes. Nous y abordames entre 5 à 6 heures du matin et etant entrés 12 dans la cour du chateau nous ne trouvames pas de resistance, mais bien apres quand on cria de se rendre, mais point de reponce, le valet voulant se sauver fut le premier tué et quand il entendirent que cetoit tout de bon le vieux monta à la plus haute tour ou il se mit à sonner la cloche quy estoit assez grosse pour entendre d'une heure loin dans cette colline, et ne pouvant les faire rendre il y en eut quy s'avança et tira un coup de fusil à la porte d'une grande sale et que les jeunes gentilhommes étoient dedans au moins 2. Le Capne estoit avec sa compagnie et quoy que la porte de ladite sale fut double il y eut un de ces gentilhommes blessé et sortirent tous les 2 fuzil en joue et en sortant nous tuerent un homme nommé Couderc de la Roche et puis eux receurent 6 coup aussi tot et un tout blessé encore entreprit de sauter une haute muraille d'une allée du chateau, et sacheva, en sorte que dans ce rencontre il ne nous fut pas permis depargner personne de cette mauvaise famille au nombre de 6 et le valet 7, pour la servante neut point aucun mal d'autant quetant une de leur sujettes etoient contrainte de servir, ce mauvais chateau avoit servy pour prisons que cetoit la comme une inquisition dans le fort de la persecution, dont il le falut bruler, de quoy le vieux y resta dans sa tour ou tenoit son tresor, et nous primes toutes les armes et la munition et nous ns retirames apres avoir donné ordre pour ensevelir notre mort, et quand nous fumes au plan de fontmorte nous fumes surpris et dispersés et ils tuerent un quy estoit sans deffense quy nous avoient suivis malgré nous et prirent ledit Esprit prisonnier et le conduirrent à St Ipolite et de la condamné à etre brulé au pont de montvert et autres 2 freres quy estoient de Peyremale eurent aussi le même sort detre roué l'un à St André et l'autre à la Deveze, puis pourtant dans quelqs tems on se rallia que le nommé Laporte de Branoux et Abraham de fauguieres et Salomon de Vieljouvès et Jouannin de Genolhac et pierre Vignes de Salarial et moy de tems en tems-R- pour ordonner et puis ie resta sur le haut et ainsy eux furent joindre Cavallier et Castanet de fraixinet de fourques, lesqls firent plusieurs alarmes et principalemt sur ces mauvais apostats quy nous vendoit de sorte que ie resta seul sur le païs de la lozère pour toujours rasseurer nos gens et eux tous descendirent et joignirent Cavallier et Rolland et apres quelques actions mon frere me vint voir et nous fimes rencontre d'un homme quy estoit de montauban nommé Delparc lequel se joignit à nous et lors que nous avions le dessein de decendre pour rejoindre les autres nous fimes un passage à Finalletes petit village de la parre de fraixinet de Lozere

note de bas de page : avertisseur s'appelle Cezard des Combes on se contenta de prendre son cheval pour porter le reste et etant sur la montagne mirent la bride du cheval sur le col et le renvoyerent

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La vefve Rampon avec un nommé Jean Peletan du pont de Montvert sortant dudit lieu pour aller voir ses fils à Finallettes sur le soir une malheureuse femme les épia et a meme tems avertit 3 compagnies du regiment de Miral quy furent investir ce petit village devant quil fut jour et puis encore ce quy les favorisa le vent de nege quy couvroient qu'on ne se voyoit pas de 10 pas, dont cetoit le 29e 9bre quils furent faits prisonniers dans ce lieu au nombre de 11 dont les freres furent en gallere apres une assés longue prison on les fit partir de Montpellier le 8e may 1703 et leur mere la vefve à Perpignan avec Jean Peletan quy etoit vieux, Marie Lauriole du Mijavol et Jeanne Barrès de Grisac et Catherine Molines de finalletes, dont la dite vefve y et morte à Perpignan dans la prison ayant toujours dit quelle etoit bien jusques a son dernier ainsy que Marie Lauriole le fit savoir à ses fils à Marseille apres ladite fut changée à Carcassonne ou elle y et morte aussy et plusieurs autres dudit païs. Voila Mr le sort de ces pauvres gens lesquels peuvent declarer que pendant ladite guerre quy sest commencée dans leur lieu de naissance jusques en 1707 et 1708, il y en a eu plus de 200 en gallere y en etant morts la moitié, et pour en savoir la liste on n'auroit qu'a voir le livre que feu Mr Calandrin tenoit pour regle et qu'on luy escrivoit tout ce quy se passoit jusques à ceux qu'alloit en campagne. Voila la ou finit cet article des 2 freres R.

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De Berne ce 2 7bre 1732

Mr et T C F En JC N S

Je voy par la chere votre en date du 18e dernier qu'aves receu la relation que ie vous envoya et vois que quand à la mort de labbé il y a de contrariété tant de la part de Cavalier que de Brieu ce quil fa que j'ay été informé de letat de Cavallier et qu'on massure qu'il étoit bolanger de sa profession et que lors de cette action il etoit à Geneve compagnon et ceux quy estoit à cette compagnie je me souviens des noms de Jouanning de Genollac, (en surcharge en interligne: il etoit juste en fin lui qui rompit la porte de l'abé), de Pierre Vignes de Salarial, de Salomon Couderc de Vieljouvès de la pare de St André de Lencize, Larguier (de Lermet en interligne) de St Jullian, à Chevauxbach en allemagne il y a le nommé Soulages des Crozes pare de Cassagnas David Couderc de la Roche il fut tué à la Devèze, Jean Chaptal de Racoulles de la pare de Fraissinet de Lozère, celuy la fut blessé à la joue pour avoir passé le commandement que j'aves deffendu qu'aucun ne montat les degres de la 2e sale, bonheur pour luy quil fut bien tot guery et quy eut un coup si favorable sans avoir les yeux ny les dents offensés pour ce quy en a raporté le menteur de la Violette il ny a rien de vray, et ainsy quy vous le peut réciter le Sr Massy quy estoit prisonnier et qu'il ne me diroit pas autrement nous nous ramassames pas sur la place qu'apres que le coup fut fait il est vray quand ie revins avec quelqu'autre me souvenant pas des noms que nous étions aux endroits les plus d'engereux nous trouvames labe etandu sur ladite place avec plusieurs coup de bayonnete mais pour de coup de massue ny d'aches point car de celle quon setoit servy pour ouvrir la porte on la rendit aussi tot à quy il apartenoit; pour le nom de la fille quy avoit étée pendue audit lieu elle estoit Françoise (Marguerite rayé et remplacé par Françoise au-dessus) Bres agée d'environ 25 ans, pour le nom de la vefve mere de ses deux enfans elle estoit vefve de feu Larguier née de Coste pour le nom de propozant je ne me souvien pas du nom, ni mon frère non plus que par lors fut fait prisonnier, et puis conduit d'une prison à lautre par le commandet dud Abé que la premiere fut au chateau de Vimbouches ou il y avait garnison et cela fut en 9bre 1701 et puis dans le mois de Xbre le fit conduire avec quelques autres au pont de montvert et apres quelques iours de prison le fit conduire à Mende en Gevaudan et toujours prisonnier avec les autres puis de la n'ayant pas de causes convaincantes les fit decendre à Florac et de la à Barre ou mon frere fut porté par le commandt du juge Lhermet par 4 soldats à la chapelle en suitte n'en pouvant rien faire la le font conduire à St Ipolite où il passa l'hiver dans le cachot et de la a Montpellier ou apres encore environ un mois ou 5 semaines de prison le sortent avec un nommé Jean Jourdan de St Privat de Vallongue pour le régiment du fils de Mr de Brouille et eux 2 etant d'un même quartier etoient toujours ensemble, de sorte que leur sergent voyant quil n'alloit pas à la messe les consigna au sentinelle jusques à son retour, mais le Corporal quy le releva ne se souvint pas de la consigne et ainsy ils demandent à sortir pour aller cercher quelque chose à la ville pour manger et celuy la les laissa aller et alors ils prirent leur chemin et dézertent et mon frere me vint joindre que cetoit vers la fin du mois de may et puis quand nous avons été pris je vous diray que defunte ma mere ayant long tems quelle ne nous avoit veux luy vint à la pensée d'aller à Fraissinet de Lozere à une lieue du pont de montvert et comme on savoit quelle navoit pas accoutumée d'aller si tard dehors il y eut la femme de Monsr Dubos Lieutenant d'une compagnie du régiment de Miral

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laquelle avait apostazié en se mariant avec led Dubos qui avoit été Dragon et la tinrent guetée et 3 compagnies 2 heures avant jour eurent investi ledit lieu de Finalletes petit village de la meme pare de fraissinet et nous tous en vie hormis de Mons Jean Delpar quy n'avoit pas long tems qu'il nous avoit joints et vouloit etre de notre troupe et quy creurent que celuy-la etoit le Ministre et ce n'etoit rien de cela puis qu'il etoit un homme de guerre mais bien de notre religion ce quy lavoient obligé de nous joindre, alors jay creu de vous avoir marqué les noms des prisonniers ce que i'ay oublié, deffunt notre mère Simonne Andrée vefve de feu Antoine Rampon et Jean Pelatan et Jean et Anthoine Rampon freres dud lieu et Jeanne Barres de Grisac, Marie Lauriole du Mijavol de la parre de St Jullian d'Harpaon, Catherine Molines de Finallete. Il y en avoit encore 4 desquels ie ne me souviens pas des noms de leur maison, car depuis le tems et n'avoir pas peu escrire on sen peut pas souvenir pour les interrogats, apres nous avoir conduits depuis les prisons de Florac jusques à St Jean de Gardonnenque au chateau ou on nous mit les fers aux pieds et mains et nous fumes comparoitre ainsy devant Daudé Juge du Vigan lequel par bonheur neut pas notre nom de bapteme et ainsy cella nous servit de la principale deffense, et puis de la on nous fit conduire le lendemain a Anduze par la bourgeoisie dudit St Jean et en arrivant nous passames devant Mr de Brouille qui recognut led Anthoine mon frere luy disant qui luy avoit donné le subict de deserté de la compagnie de son fils, on luy répondit que cetoit à faute de paye et qu'alors on luy dit pourquoy ne setoit il pas pleint et luy dit que cetoit le trop de crainte de mauvaix traitement du sergent; ainsi on nous mit en prison et le lendemain nous falut comparoitre par devant le juge Viala de St Jean de Gardonnenque en présence des temoins tous papistes mais qui nous furent favorables. Car des aussi tot quil nous entendirent nommer il dirent tous que je netois pas de ceux la ainsy on nous remit en prison et on nous separa mon frere avec les civils et moy à la prison criminelle et sça fut qu'on tenoit le nommé Jean Planque prisonnier qui estoit du nombre de ceux qu'on avait enlevés au pont de montvert et on disoit que celuy là me cognoitroit, ce que jaffirma ne cognoitre point du tout et ainsin ie ne comparu plus à Anduze, puis à St Ipollite encore pardevant le juge Daudé et Montrevel sur la place du fort et repondant ferme comme la première fois, nous fumes remis au cachot comme sy devant la ou nous fumes detenus 2 mois et demy et puis on nous sortit des cachots pour nous metre a une prison haute et y ayant resté quelques jours on nous conduisit à Montpellier ou de la nous fumes condamnés aux galleres apres avoir passé en reveue tous devant le Sr de Baville quiy repondit à son secretaire et à Mr Louïs Juge Royal que puis que nous estions tous d'un meme dire quil n'en faloit faire une bonne cordée, et alors il y en eut 2 pour dezertion papistes un nommé Jean de Nimes et nous 2 freres et puis à Nimes ils joignirent avec nous Anthoine André de Genolhac et Guillaume Brun de Montarren quy est mort en gallere. Apres retournons au Sr Cavallier quand il parle du chant du pseaume encore preuve que cela nest pas puis que moy meme ie choisit celui la qu'un chacun savoit par coeur comme etant deja nuit et que moy meme quy le commandoit n'auroit pas seu la pause du 68 par coeur, et lors quil dit avoir été dans lassemblée lors que le complot se fit je ne say quy lauroit porté la haut sur cette montagne car quand il parle des parens dans ce quartier de païs ie n'ay jamais seu quil y en eut un, ainsi ie laisse cela a part et je reviens

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à vous dire que lors quil a commandé sa troupe en Chef sça été dans le tems de laffaire de Sauves car sy devant il y avoit Rolland et Laporte de Branoux, Laporte que vous me dites avoir été disciple de Vivent Il y a long tems quil a esté pandu et netoit point de ceux là ny memes parent ni (?) qu'il le fut de Laporte de Mialet, toutefois ledit Laporte de Branoux etoient des premiers puis que sça fut luy qui rallia la troupe apres Esprit et fit plusieurs actions quencore ledit Cavallier n'avoit point de troupe. Laporte de Luziers autremt dit Rolland aussy avoit le commandemt devant et leur abouchement de tous les trois fut proche de Mandajor et puis ledit Cavallier tint le bas païs et les autres les Sevenes et ne se rencontrarent ensemble qua Pompignan, à suitte pour revenir encore à la déclaration du menteur la Viollete il est tres probable qu'on ne luy tint pas tant de propos audit abé, et pour dire positivement le nom de celuy quy le tua je ne le puis dire moy non etant pas mémoratifs et puis cetoit moy à courir d'un poste à l'autre et quand tout fut fait alors nous nous rassemblames ou je les commanday comme en billete pour se faire donner à manger, et pour moy je fus à ma maison pour la derniere fois cette nuit la et apres je rejoints mes gens et les fis ramasser voyant quil estoit deja jour, et que nous voulions avoir le curé de Frutgiere, le matin ainsy quil arriva quand à ce quy ont rapporté du curé de St André de Lancize, s'il ne fut pas monté au haut du cloché pour luy meme sonner lalarme il ne seroit pas été precipité du cloché en bas pour lavoir touché puis apres on ne le toucha point il etoit tout meurtry de tomber de sy haut, pour quand à la Devèze devant que d'y aller on savoit qu'on ne pouvoit pas epargner tant qu'on en trouveroit de la maison et si on avoit donné la vie à ses 2 damoizles sça etoit la perdition de bien de pauvres innocens, ainsy on ne les fit pas souffrir du tout. Quand il dit que Pierre Nouvel de la communauté de Viallas cela est vray; du brulement d'Esprit cela est vray, luy declara que c'etoit luy mesmes quy avoit tué l'abé et sça fut cauze qu'on luy coupa la main quy porta ainsi pendente et senglante par tout le lieu ce quy fit quil etoit presque mort quand il fut au feu mais toujours avec un grand zèle quil parloit jusques à sa fin; quand a celuy de St André setoit un serrurier quy etoit de Payremale, ma cozine Servière se souviendroit bien du nom mais je l'ay oublié et tous ceux la moururent constamment quand aux cinq Il y avoit l'un de ceux la quy avoit été par les soldats à Mandajor et quensuite on le promena par Allès mort pour eprouver si quelqu'un le recognnoitroit ce quaucun saprocha point pour ce faire. Il se nommoit Jean Couderq de Vieljouvès frere de Salomon et les autres 4 ne sont pas été exécutés par les Sevenes ainsi qu'il dit mais bien à Alès et de ceux là il ny avoit qu'un quy était avec nous, mon cozin Vierne de Felgeirolles ancien notaire en etoit un il fut pendu et sa femme, et sa maison razée et son fils mort en gallere mais tous de cete famille ont souffert bien constamment. Ils avoient été vandus et accuzés davoir retiré de pauvres fugitifs comme moy jetois et de sorte qu'il a resté seulement une fille de cette maison nommée Jeanne qui tenoit la campagne avec une autre nommée Françoize Andrée de Trabuc proche la Roche, qu'on les avoient aussi enlevées sur la montagne du Bougès qu'on les conduisoit dans un couvent à Mende et setoit mon frere et un autre quy est mort nommé Jacques de Chabanon quy firent ce coup à la faveur d'un brouillard et ceux quy les conduisoit quand ils entendirent crier avance tue tue se sauverent et laisserent ces 2 pauvres filles, ce qui leur fit bien plaisir. Enfin sy javés le moyen je viendrois rester à Lauzanne quelques jours puis à Geneve je croy bien que je tirerois autre choze mais comme je n'ay point de pension, ainsy que vous saves que ma subsistance journallière je ne puis rien quiter et presentement aussi que mon frere ne peut plus

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travailler par ses incomodités il faut que je voye comme on pourra faire, si Mr le Ministre Aguet netoit pas malade mavoit promis de maider dans cette affaire mais il est toujours mal et ne peut agir, je prie Dieu quil vous conserve en bonne santé comme made votre chère épouze et famille que jassure de mes profonds respects, sans oublier le frere Bonbonnoux et le Sr Elie Malignac son frère et sa belle-soeur se portent bien et les saluent comme moi et mon frère de memes quy sommes avec cordiallité et amour chrétienne, vos plus humbles et plus affectionnés frères Rampon

Les sieurs Massy et Rodat et Jacques Martin vous salluent. Il y a Laverune quy est par la du cotté de Nion quy vous pourroit donner des relations de ceux de son temps.

La lettre portait comme adresse : Monsieur A Court Ministre d St Ele,
a sa demeure
A Lauzanne
par amy que Dieu conduise


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